Le jeudi 06 avril, 2500 personnes luttant contre la précarité ont occupé la gare de Caen vers 15h45. Vers 18h30, les 800 manifestants restants ont annoncé par mégaphone leur intention de quitter les lieux. Au moment du départ, un groupe minoritaire a lancé des pierres sur la police. Celle-ci a alors envoyé de nombreuses grenades lacrymogènes sur la foule puis a chargé. Elle a ensuite encerclé et comprimé les manifestants contre les bâtiments de la gare, empêchant toute dispersion rapide des personnes présentes. Les policiers anti-émeutes ont alors copieusement arrosé les gens au spray lacrymogène et ont matraqué de nombreuses personnes. Ces violences ont duré jusqu'à ce que le flot des manifestants ait quitté la gare par les quelques portes ouvertes. Nous avons ensuite réussi à nous regrouper rue de la gare. La police nous a alors chargée et gazée sans répit dans tout le centre ville jusqu'à l'université. Des faits violents ont alors été constatés tels que :
- les gaz utilisés étaient plus violents que d'habitude (sensation de brûlure sur la peau)
- des passants (dont des enfants et des personnes âgées) ont été victimes de ces gaz lacrymogènes et certains ont reçu des coups de matraques
- de multiples interpellations souvent non justifiées (suivies de coups violents par des policiers en civil)
- des attaques contre des manifestants isolés secourant des blessés
- un tir de grenade lacrymogène dans un appartement brisant une fenêtre et provoquant un début d'incendie
- des personnes filmant et photographiant les incidents ont vu leur appareil arraché et parfois même cassé par des policiers...
Le bilan de la répression est lourd : plusieurs dizaines de blessés, plus d'une vingtaine d'interpellations. La garde à vue des interpellés a été prolongée de 24 à 48 heures.
La brutalité de l'intervention policière s'explique au moins en partie par une volonté de revanche après la manifestation du mardi 04 avril sur le périphérique, manif où les forces de l'ordre ont été clairement débordées par la foule.
Caen n'est pas la seule ville touchée par la répression. La généralisation de la précarité et l'intransigeance du gouvernement aboutissent à la radicalisation du mouvement et à la multiplication des incidents partout en France : Paris et toute sa banlieue, Toulouse, Rouen, Tours, Rennes, Lille, Montpellier, Grenoble, Chambéry, Angers, Lorient, Nantes, Marseille, Lyon... Nous constatons d'ailleurs que les médias nationaux cherchent systématiquement à minimiser l'ampleur de la lutte et le nombre des incidents.
- vraisemblablement des milliers de blessés
- plus de 4000 interpellations depuis le début du mouvement
- plus de 400 manifestants jugés et condamnés (les jeunes précaires, chômeurs, apprentis, ouvriers écopent souvent des peines les plus lourdes).
Il est important de dénoncer la double attitude du gouvernement. D'une part, dans les médias, il prétend « ouvrir le dialogue et la négociation », d'autre part, dans la rue, il durcit la répression et tente de casser le mouvement contre la précarité en multipliant les interventions policières.
GREVE BLOQUAGE OCCUPATION,
JUSQU'AU RETRAIT
DU CPE, CNE, RMA ET DE LA LOI DITE DE
« L'EGALITE DES CHANCES ».
Nous invitons les gens à porter témoignages, photos, vidéos sur les violences policières du jeudi 06 avril à Caen au bâtiment lettres sur le campus 1 de l'université.
agdeluttecontrelaprecarite@hotmail.fr
commission anti-repression : 06 08 55 45 19 ou 06 71 00 79 34



